Turbulences

Instantanés poétiques

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝐹𝑎𝑐𝑒 𝑎̀ 𝑙’𝑖𝑛𝑗𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑎𝑔𝑖𝑟, 𝐽𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑖𝑛𝑣𝑖𝑡𝑒 𝑎̀ 𝑟𝑒́𝑠𝑖𝑠𝑡𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐𝑒 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑓𝑢𝑖𝑟, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐𝑒 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑠’𝑒́𝑣𝑎𝑑𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑣𝑖𝑒 𝑠𝑢𝑟𝑔𝑖𝑟, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑠𝑒𝑚𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒𝑟 𝑠𝑎 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑎̀ 𝑙’𝑎𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟, 𝐸𝑡 𝑛𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑒 𝑠𝑢𝑏𝑖𝑟, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑙’𝑖𝑛𝑣𝑒𝑛𝑡𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑄𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑜̂𝑙𝑒́, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟 𝑒𝑠𝑡 𝑙’𝑢𝑙𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑎𝑐𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑖𝑏𝑒𝑟𝑡𝑒́.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑄𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑚𝑎𝑟𝑐ℎ𝑎𝑛𝑑𝑖𝑠𝑒́, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑒𝑟𝑎 𝑔𝑟𝑎𝑡𝑢𝑖𝑡, 𝑎̀ 𝑗𝑎𝑚𝑎𝑖𝑠.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝐶𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑒́𝑝𝑎𝑟𝑒 𝑙𝑒 𝑚𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑝𝑖𝑟𝑒, 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑓𝑜𝑖𝑠 𝑗𝑢𝑠𝑡𝑒 𝑑’𝑎𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑟𝑒𝑛𝑜𝑛𝑐𝑒́.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝐶𝑎𝑟 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑑𝑒 𝑏𝑒𝑎𝑢 𝑛𝑒 𝑝𝑒𝑢𝑡 𝑎𝑑𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟, 𝑆’𝑖𝑙 𝑛’𝑎 𝑑’𝑎𝑏𝑜𝑟𝑑 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑟𝑒̂𝑣𝑒́.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑒𝑟 𝑠𝑒𝑛𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑟𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒.

Hé, boule à facette ! Aurais-tu perdu la tête ?

Mais où est-il donc passé, ton sens de la fête ?

Fractures, tourments, dérives des continents,

Et puis, tout ces murs, qui séparent tes enfants…

Seul, un atome, Ne sait pas qu’il est un atome. Il ne sait pas qu’il ne peut rien, Sans ses liens.

Il n’a pas idée, l’atome, Des pouvoirs extraordinaires, De ces liaisons moléculaires, Qui le relient à d’autres atomes.

Pourtant, sans en avoir l’air, Ces particules élémentaires, En façonnant toute matière, Inventent des mondes, des univers.

Être un atome, c’est être relié. Et c’est unis dans leurs diversités, Se découvrant de nouvelles identités, Qu’ils ouvrent des horizons à la liberté.

À toi qui serais tentée, par moment, De céder au découragement, N’en doute plus un seul instant : Tu es un atome du changement.

Et si tu penses que tu ne peux rien, C’est que tu ne cherches pas au bon endroit. Ta plus grande force n’est pas en toi, Mais en ces liens qui te relient aux tiens.

Parfois, je l’avoue, je suis las, Des secousses de ce monde incertain. D’être, chaque jour, balloté de-ci, de-là, Sans jamais savoir de quoi sera fait demain.

Alors dans ces moments, je me souviens, Que si la vie n’avait pas été si turbulente, Si imprévisible, incontrôlable et foisonnante, Elle aurait disparu il y a bien longtemps.

Car même si le hasard est souvent inconfortable, Au point que parfois, l’abolir serait tentant, C’est bien à ses caprices et sursauts improbables, Que nous devons le privilège d’être vivant.

Je n’ai jamais connu la guerre. Je suis issu d’une génération privilégiée. Né au bon moment. Né au bon endroit.

Mes parents l’ont connue.

Mon père, né en 1939, ne pouvait pas savoir, au moment de fêter son cinquième anniversaire, ce que c’était que la paix.

Ma mère, née en 1944, a bien failli ne pas être ma mère. Ses frères et sœurs, dans leur précipitation, l’ont une nuit oubliée en courant se réfugier dans la cave. Les bombes ne sont pas tombées loin, une armoire a basculé sur son berceau. Ils étaient solides les berceaux, en ce temps là.

Comme tant d’autres de sa génération, mon père est allé en Algérie. On ne lui a pas demandé son avis… Il en est revenu, lui.

Je suis né quelques années après.

Mes grand parents ont connu deux guerres. Mes arrières grands parents ont connu deux guerres. Je pourrais continuer longtemps comme ça, si je le voulais.

Je l’ai dit : génération privilégiée.

Et pourtant…

Même si je n’ai pas connu la guerre, même si je ne l’ai pas vécue dans ma chair, ce que j’en sait me suffit largement.

Mais la guerre n’est pas un choix.

On fait la guerre- par défaut – parce qu’il est trop tard – parce que les autres options sont épuisées – parce que les décisions qu’il aurait fallu prendre à temps n’ont pas été prises – parce qu’à un moment le courage à manqué.

Parce que les puissants ont manqué de courage. Parce qu’ils n’ont pas su écouter. Parce qu’ils croyaient savoir. Parce qu’ils étaient bien trop arrogants pour reconnaître qu’ils s’étaient trompés.

Alors ils en envoient d’autres se faire tuer.

C’est compliqué la paix.

Ça demande du courage, de l’écoute, du respect.

Alors que c’est si simple la guerre.

Il y a les gentils, il y a les mauvais.

Et puis, il y a tant d’argent à gagner…

C'est une tragédie, c'est une parodie.

Il craque de partout, ce vieux Monde fini.

Qu'y reste-t-il, que sa défense justifie ?

Bah, presque rien : la vie. Hé ! Presque tout : la vie !

Entre ce monde et toi, il y a un monde.

Car tu n’es pas faite pour ce monde là. Et c’est peut être ce que j’aime le plus en toi.

L’autre jour, à déjeuner, c’était ton sourire qui parlait. Il parlait des arbres. Ils parlait des oiseaux. Il parlait de poésie. Et pendant ce temps là, tes yeux riaient.

Je ne me souviens plus de ce que nous avons mangé. Je me souviens de tes yeux qui riaient, derrière tes lunettes embuées.

Vivre, c’est ça. Ou plutôt, ça devrait être ça. Ça devrait être léger, vivre.

Vivre, ce n’est rien. Ou si peu. C’est juste un moment à passer, après tout. Alors, bien sûr, ça dépend de ce qu’on en fait.

Mais parce que nos corps sont fragiles, parce qu’ils sont si lourds, parce que nous ne savons pas voler, alors, justement pour ça, il faudrait vivre légers. Grimper aux arbres, regarder le soleil se lever.

Et rêver. Nos rêves peuvent nous apprendre à vivre légers. Et rire, aussi. Nos rires, eux, peuvent s’envoler.

Loin. Aussi loin que le vent voudra bien les porter. Ils sont si légers.

Tu n’es pas faite pour ce monde là, toi. Vraiment pas. Mais entre ce monde et toi, s’il y en a un des deux qui doit changer, ce n’est pas toi.

Tandis qu’ailleurs déferlent des torrents de violences ; Les pyromanes d’hier tentent de s’improviser pompiers. Lançant d’hypocrites appels à la tempérance ; Ils semblent craindre le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé.

Les colères des peuples ne sont jamais sans fondement ; Mais elles empruntent des raccourcis surprenants. Malheur à ceux qui ont nourri le ressentiment ; Honte à ceux qui vivent s’en nourrissant.

Plongés avec effroi dans les turpitudes de l’histoire ; Nous qui rêvions de beauté, d’harmonie et de paix ; Sommes-nous les gardiens de la flamme ténue de l’espoir ? Ou les ultimes reliques d’un monde révolu désormais ?

Chacun dans sa bulle, Confortable cocon, De fausses certitudes.

Mais à quel prix ? Car si le risque nous effraie, La sécurité, elle, est bien triste.

L’autre est là, juste à coté. Nous pourrions lui parler. Entrer en relation, échanger.

Mais que va-t-il penser ? Et s’il n’était pas comme nous ? Et s’il ne pensait pas comme nous ?

Alors nous voilà coincés. Incapables d’avancer, Par l’incertitude, tétanisés.

Il faudrait oser. Prendre le risque d’échouer. Mais nous n’y sommes pas prêts.

Alors nous scrollons, Alors nous nous cachons. Derrière des écrans de fausses solutions.

Je viens de l’aube de l’univers ; D’où a surgi toute matière. Je viens du fond des océans ; Où ne pénètre aucune lumière.

Plus léger qu’un rêve d’éther ; Issu d’une éternité éphémère ; En perpétuel recommencement ; Je suis la mémoire du temps.

Même si je voulais disparaître ; Je suis condamné à renaître. La fin est mon commencement ; Je suis la mémoire du temps.

Là où se croisent les parallèles ; J’irai, tel un papillon arrogant ; À l’infini, déployer mes ailes. Je suis la mémoire du temps.

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