Turbulences

Instantanés poétiques

Il y a, quelque part, Ce « nous ».

De quoi est-il constitué ?

D’un socle de croyance ? D’une culture héritée ? D’un lieu de naissance ? Peu importe en fait.

Il n’est pas très exigeant, Ce « nous ».

Ce « nous », Qu’on appelle aussi « identité », Peut être fait d’un peu de ça, Ou de tout à la fois.

Mais peu importe en vérité, Prenons-le tel qu’il est.

Et puis il y a « eux ».

« Eux », partagent aussi, Entre eux, Quelque chose qui les uni. Quelque chose qui les défini.

Une histoire héritée, Un leader éclairé… Bref, si vous m’avez suivi, Une autre identité.

Sur le papier, Les choses semblent simple : Eux avec eux, nous avec nous, Et les vaches sont bien gardées.

Mais rien n’est jamais simple. Et nous avons changé. Eux aussi ont changé, Comment s’en étonner ?

Alors certains, chez nous, Comme d’autres, chez eux, Ont du mal à l’accepter.

Nostalgiques d’une simplicité, Qui n’a pourtant jamais existé, Ils refusent la complexité, Dont la vie est pourtant tissée.

Alors, pour se rassurer, Ils s’inventent une vérité. Un récit, sur lequel se hisser, Pour espérer encore dominer.

« C’est eux qui ont commencé ! Notre civilisation est menacée ! » « Nous devons nous protéger, Sinon nous serons submergés ! »

Fort bien. Ceci étant posé, Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Des murs, des barbelés ? Des fossés, pour nous protéger ?

La guerre c’est simple. Âmes sensibles, laissez faire, Ce n’est pas beau à voir, Alors regardez de ce côté…

Il y aurait bien un autre chemin, Une autre possibilité. Mais je n’ose en parler, Vous me prendriez pour un fou.

Un fou, Parce que, on ne sait jamais, Au bout, il y a peut-être la paix. On pourrait même finir par s’aimer.

Alors c’est sûr, vous avez raison, Elle est complètement folle cette idée…

Que restera-t-il de nous ? Rien.

Comme l’orage efface les mots écrits sur le sable, Le temps effacera tout. Jusqu’au souvenir de l’être que nous étions.

De nous, il ne restera rien. Mais de nos liens ?

Il y a des milliards d’années, Vivaient des cyanobactéries. Leurs innombrables colonies formaient des récifs, Qu’il est encore possible d’observer aujourd’hui.

D’elles, De leurs enveloppes corporelles, Il ne reste rien.

Mais ces récifs, Qu’elles nous ont légué, Ne sont rien d’autre que l’empreinte de leurs liens. Ce qui les enveloppait. Ce qui les reliait.

Des sécrétions, Des enveloppes protectrices, Par le temps minéralisées.

De nous, il ne restera rien. Mais de nos liens ?

Léguerons-nous, À la fin de nos jours, Des rivages d’attentions ? Des paysages d’amour ?

Ou les reliques de nos désolations ?

De nous, il ne restera rien. Mais de nos liens ?

Des millions de vies, animales et végétales, balayées ; Des milliers de vies humaines, prématurément ôtées.

C’est l’été de la mort.

Il n’y a pas si longtemps, l’été rimait avec insouciance, repos, légèreté. Nous en sortons désormais fatigués, stressés et inquiets.

C’est la mort de l’été.

Que nous reste-t-il ?

Quand tout ce à quoi nous tenions, Semble aujourd’hui si fragile.

Que nous reste-t-il ?

Alors qu’à tous les horizons, S’accroissent les périls.

Mais alors que nous reste-t-il ?

Quand après le naufrage de la raison,   La vie ne tient plus qu’à un fil.

L’incertitude d’hier avait du bon, L’improbable pouvait encore surgir.

Mais inerties, emballements et effets rebonds, Font que chaque jour voit ses lendemains s’étrécir.

Quand la connaissance devient un tel fardeau, Comment résister encore à l’appel du déni ?

Comment ne pas être tenté par les faux messies, S’accrochant à leurs promesses comme à un radeau.

Alors, il nous reste quoi ?

Il nous reste des choix. Cultiver la joie, c’est déjà un combat.

Prendre soin du bien, propager la beauté, C’est déjà une manière de résister.

Faire en sorte qu’un enfant puisse rêver, C’est lui ouvrir le champ des possibles.

Et qu’importent les chances de succès, Essayer, résister, est une question de dignité.

Il y a longtemps que suis né. Ça fait des milliards d’années. Avant moi rien ici n’existait. Mais moi je n’ai pas changé.

Vous m’avez longtemps vénéré, Faisant même de moi une divinité. Vos rites célébraient mes bienfaits, Et rien ne semblait devoir changer.

Pourtant, aujourd’hui, vous me redoutez, Chaque année, à l’approche de l’été, Vous devez désormais vous protéger. Mais moi, je n’ai pas changé.

Je ne suis ni plus fort, ni plus près, De la planète que vous habitez. C’est vous qui, négligeant mes bienfaits, De moi, vous êtes détournés.

Avec de douteux alliés, vous avez pactisé, Forant sans relâche, pour les libérer, Des profondeurs où ils étaient cachés, Ces dragons enfouis, surgis d’un lointain passé.

Non moi, je n’ai pas changé, Je brille comme avant, hiver comme été. Mais de ces forces telluriques que vous avez libéré, Vous avez désormais tout à redouter.

Je reviens du futur et maintenant je peux te le dire, nous gagnerons.

Mais de cette victoire, il n’y aura aucune célébration.

Ni liesse, ni clocher, ni carillon,

Aucun livre n’en parlera, l’histoire oubliera nos noms.

Et c’est très bien ainsi, c’est la meilleure façon,

D’être l’humus, le ferment de transformation,

De ce qui sera la plus silencieuse, mais aussi la plus profonde, des révolutions.

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I’m back from the future, and let me tell you, we won.

But for this victory, there is no celebration.

No bell tower, no chimes, no jubilation.

History forgot our names, we’re written in oblivion.

Be full of joy and pride, our dreams and actions were the foundations,

The humus, the ferment of transformation,

Of what was the quietest, but also the deepest, of revolutions.

Il promettait tant, pour rien. Mais ne donnait rien, pourtant. Tu cherchais du réconfort, Dans l’oubli d’un alcool fort.

Mais rien à faire. La came isole. Après, c’est l’enfer.

On dit qu’il délie les langues, Qu’il brise la glace, qu’il crée des liens. Mais à un moment ça tangue, Et tu repars d’encore plus loin.

Car rien à faire. La came isole. Après, c’est l’enfer.

Tu cherches refuge dans l’alcool, Il faut bien que tu te console. Mais plus ça va plus tu t’isoles. Jusqu’au moment où tu t’affoles.

Non, rien à faire. La came isole. Après, c’est l’enfer.

Et qu’importe la substance, Il faut que tu garde le contrôle. Ne laisse pas la dépendance, Entrer dans ton existence.

Sinon, rien à faire. La came isole. Après, c’est l’enfer.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝐹𝑎𝑐𝑒 𝑎̀ 𝑙’𝑖𝑛𝑗𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑎𝑔𝑖𝑟, 𝐽𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑖𝑛𝑣𝑖𝑡𝑒 𝑎̀ 𝑟𝑒́𝑠𝑖𝑠𝑡𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐𝑒 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑓𝑢𝑖𝑟, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐𝑒 𝑛’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑠’𝑒́𝑣𝑎𝑑𝑒𝑟.

𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑧 ! 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑣𝑖𝑒 𝑠𝑢𝑟𝑔𝑖𝑟, 𝑅𝑒̂𝑣𝑒𝑟, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑡